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Observatoire Métiers Marchés : analyse de la production fictions TV 2007

2007 : CROISSANCE DE LA PRODUCTION DE FICTIONS TV ?

L’augmentation de 4% du nombre d’épisodes de fictions de « prime time » mises en production par les diffuseurs en 2007 n’a pas engendré la croissance des semaines de tournage escomptées. Si le nombre d’épisodes mis en production et les heures de programmes sont croissants (680 en 2007 contre 676 en 2006), les semaines de tournage baissent de 4% (1246 en 2007 contre 1297 en 2006).

L’observatoire de la FICAM (Fédération des Industries du cinéma, de l’audiovisuel et du Multimédia) constate aussi la poursuite de la mutation engagée ces dernières années vers le « tout numérique », notamment pour les supports de tournages.

L’impact « relocalisant » du crédit d’impôt audiovisuel mis en place en 2004 confirme son efficacité avec un nombre de productions délocalisées hors de France à seulement 6%. La réduction de la délocalisation, divisée par 3 depuis 2003, concerne l’ensemble des formats 26’, 52’ et 90’ ; seuls les unitaires de 90’ stagnent à 11% (contre 26% en 2003).

CONSEQUENCE DE LA PROGRESSION DES FORMATS COURTS ET DE 52’ : BAISSE DE C.A. POUR LES INDUSTRIES TECHNIQUES

Le poids des formats courts et des séries de 52’ augmente sensiblement et confirme la volonté des diffuseurs de privilégier ces formats en access prime time (+10% d’épisodes de 26’ en 2007 par rapport à 2005, année de « Plus belle la vie » pour le format court ; + 18% pour les séries de 52’).

L’arrivée de nouveaux projets « prime time » développés pour ce format et l’évolution des commandes de diffuseurs qui adaptent d’anciennes séries de 90’ en programmes de 52’ expliquent cette forte croissance du genre.
En revanche, les programmes de 90’ ne résistent pas et enregistrent une forte baisse de 28 % (222 heures de programmes contre 309 heures en 2006).

Cette évolution explique que les semaines de tournages et les heures de programmes n’augmentent pas autant que le nombre d’épisodes, ce qui génère pour les industries techniques du tournage et de la postproduction une baisse de chiffre d’affaires.

DES FICTIONS TV MAJORITAIREMENT EN VIDEO

La progression du support numérique HD concerne désormais 35 % des heures produites pour le prime time (contre 28% en 2006). Le support film 16mm se maintient donc en prime time à hauteur de 65%. En revanche, tous formats confondus (day time, access prime time et prime time), la production de fictions télévisuelles en numérique (HD et SD) est de 60%.

Le basculement en format court, phénomène le plus marquant de l’année, a entrainé le basculement des séries télé 26’ et 52’ en vidéo. Le 26’ est produit quasiment dans sa totalité en SD, le 52’ de plus en plus en HD (53% en 2007 contre 37% en 2006).

Alors que la postproduction a vécu sa conversion numérique il y a déjà quelques années, les prestataires observent maintenant une progression significative des commandes en H.D. Si les formats courts et très courts sont post produits en SD (94%), les 52’ et les 90’ sont respectivement post produits à 85% et 79% en HD.

MUTATIONS TECHNOLOGIQUES ET EVOLUTION DU MODELE ECONOMIQUE DE PRODUCTION

L’évolution des équipements techniques vers le numérique, renforcée par l’arrivée de la haute définition, impliquent pour les industries techniques de lourds investissements. L’obsolescence rapide des outils techniques exige une valorisation des prestations que le marché n’intègre pas.

L’évolution du modèle économique de production (« produire plus et plus vite ») contraint les industries techniques à s’adapter à une plus grande rapidité de tournage et de postproduction (notamment les programmes de 26’).

Enfin, plus de la moitié des heures de programme ont été postproduites au sein des sociétés de production. Les producteurs assument par leurs propres moyens de postproduction près de 353 heures de programmes sur 680 (soit 52%), dont 202 heures de 52’ et 90’. L’intégration d’outils techniques de postproduction au sein des sociétés de production de fiction TV est en hausse constante (353 heures de programme touchées en 2007 contre 293 heures en 2006), comme cela avait déjà été constaté il y a quelques années dans la production publicitaire.

On observe que le format 26’, en croissance en 2007, est plus particulièrement impacté par l’intégration de la post production. Ceci fait augmenter le pourcentage global qui passe de 41% à 52% d’heures de programme avec postproduction intégrée, et constitue une perte de CA croissante pour les prestataires techniques en 2007.