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AUDITION DES 27 DELEGATIONS DES CINEMAS EUROPEENS par la COMMISSION EUROPEENNE Vendredi 6 Juillet à BRUXELLES à la suite du rapport présenté par les auditeurs britaniques et allemands mandatés à cet effet


Les 3 Commissaires impliqués dans cette enquête (DG Concurrence, DG Marchés intérieurs et DG Société de l’information) se sont prononcés dès l’origine de cette enquête en faveur d’une "déterritorialisation" de toutes les aides en vigueur, tant nationales que régionales.

Parmi la délégation française présente toute cette journée d’auditions du 6 Juillet dernier, la FICAM s’était particulièrement mobilisée en formant avec son Président Thierry de Segonzac et le Délégué Général Hervé CHATEAUNEUF une délégation de 10 membres de son comité directeur, (Présidents délégués ou Vice-Présidents de toutes les filières de la Fédération) : Thérèse CHEVALIER, Monique KOUDRINE, Remy Bomelaer, Alain CORNUDET, Jean GAILLARD, Jean-Robert GIBARD, Christophe MASSIE, Jean Louis RIZET.

L’enjeu est de taille, et la FICAM est intervenue pour rappeller :

" Sans territorialisation des dépenses de productions en France, Il n’y a plus d’aides d’états ou régionales, et sans ces aides publiques à la localisation de la production, il n’y a plus de cinéma ni d’audiovisuel en France" ...
entrainant irréversiblement la perte des talents, du savoir faire et des techniques au service de la création.

Par la voix de son Président, face aux membres des Commissions et aux auteurs du rapport présentés,
la FICAM a trouvé un appui unanime des autres délégations européennes présentes en soulignant cet incroyable paradoxe ....

" Comment la COMMISSION européenne peut-elle envisager d’interdire aux Etats le "retour économique" d’une aide public - qui plus est culturelle - alors même que la COMMUNAUTE européenne engage ces mêmes Etats à réduire leur dette publique !

Qu’est ce que la COMMISSION trouverait à gagner dans l’inéluctable suppression des aides ? "

Puis, Thierry de SEGONZAC souligna que " ce rapport - qui présente des discordances remarquées par toutes les délégations - démontre à l’évidence qu’aucun effet pervers, notamment inflationiste, n’avait été constaté par les auditeurs, en particulier dans les pays à fort indice de territorialisation.
Si une réflexion pourrait en effet être menée pour optimiser les co-productions européennes, la France n’a pas attendu cela pour multiplier de façon exemplaire (depuis des années) les accords bi-latéraux et aller même jusqu’à "ouvrir" ses récents "crédits d’impôts" à une plus grande diversité de producteurs.

" Nous savons tous que le cinéma européen existera par l’addition de nos cinémas nationaux, ou il n’existera pas ! Toute forme d’amalgame détruirait les spécificités culturelles de chacun, qui font la richesse et la qualité de notre diversité. "

Et avant de conclure, le Chef de file des Industries techniques françaises déclara...

" Mais alors ! Que recherche la Commission ? ...
Dans cette salle, je ne vois pas de concurrent, ni même de compétiteur, nul d’hostile ! Je ne vois que des amis, des cinéastes, et d’autres soutenant le cinéma, tous, dans le respect de nos identités respectives ...
Pourquoi la Commission veut-elle donc nous opposer les uns aux autres ? et POURQUOI un tel rapport "à charge" ! .....
..... Ne peut-on envisager, plus positivement, de se rassembler pour réfléchir par exemple à une meilleure circulation des oeuvres, ou encore à mieux appréhender les mutations technologiques présentes et futures et combattre, ensemble, le piratage ? "

Après 8 heures d’exposés et de débats, n’apportant pas ou peu de réponses aux interrogations des délégations, la Commission remercia l’assistance de ses "contributions" et demanda aux auditeurs missionnés d’achever le rapport en prenant en compte ces propos du jour.

Elle proposa de fixer ultérieurement une nouvelle recontre avec les professionnels.